Toxine botulique

LES INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES DE LA TOXINE BOTULIQUE EN OPHTALMOLOGIE
D'utilisation simple et d'une grande efficacité, la toxine botulique est actuellement un outil thérapeutique indispensable pour les neurologues, les ophtalmologistes et les ORL dans le traitement de nombreuses dystonies.
Le blépharospasme, l'hémispasme facial et le torticolis spasmodique ont été les premières indications pour lesquelles la toxine botulique a obtenu en 1995 l'Autorisation de Mise sur le Marché (AMM).
Plus récemment, les troubles de l'oculomotricité (strabismes, paralysies oculomotrices et myopathie thyroïdiennes récentes) ont reçu l'AMM pour l'adulte et l'enfant de plus de 12 ans.
L'AMM pour les indications « esthétiques » est en cours.

CARACTÉRISTIQUES PHARMACOLOGIQUES
 La toxine botulique est une neurotoxine responsable du botulisme, maladie actuellement rarissime grâce aux progrès de la conservation des aliments. Plusieurs sérotypes sont issus de la bactérie Clostridium botulinum, mais en France seule la neurotoxine botulique de type A est utilisée en thérapeutique.

Les deux toxines disponibles sur le marché sont la toxine américaine BOTOX (Allergan, 1989) et la toxine anglaise DYSPORT (Speywood, groupe Beaufour-Ipsen, 1991).
Leurs activités spécifiques sont différentes, ce qui induit des différences de posologie, avec un ratio d'un tiers entre les deux toxines (67 U de Botox correspondent à 200 U de Dysport). Les flacons de toxine sont dilués avec du sérum salé isotonique à 9 % afin de reconstituer une solution active de 100 unités Allergan de Botox et de Speywood de Dysport (25 unités correspondent à 1 ml).
L'absence d'harmonisation des systèmes d'unités des deux toxines commercialisées impose une grande prudence en cas de changement de toxine pour un même patient.

MÉCANISMES D'ACTION ET CONTRE-INDICATION
La toxine botulique agit au niveau de la jonction neuromusculaire en bloquant la libération de l'acétylcholine par le neurone présynaptique, et donc la transmission, de l'influx nerveux. Elle est contre-indiquée dans la myasthénie.
Lors d'une anesthésie générale, il faudra tenir compte de la potentialisation induite par les curarisants. L'association avec les aminosides est déconseillée. L'innocuité de la toxine botulique n'a pas été démontrée pendant la grossesse et l'allaitement.
L'existence de phénomènes de repousse axonale explique le caractère réversible des paralysies induites par la toxine botulique et, donc, la nécessité de répéter les injections.
La présence d'anticorps antitoxine de type A peut expliquer une résistance au traitement. Dans tous les cas, un intervalle de deux mois entre deux injections doit toujours être respecté.
La toxine de sérotype F a été étudiée chez des patients résistants à la toxine de type A, mais sa durée d'action est plus courte.

Dernière mise à jour le : 18/03/2010