Ptérygion

PTÉRYGION
Le ptérygion est une tumeur bénigne d'origine conjonctivale envahissant la cornée.
Le ptérygion est le plus souvent situé au niveau du « blanc » de l'œil dans l'angle interne des paupières (le canthus), du côté du nez.
Cette tumeur conjonctivo-élastique adopte le plus souvent la forme d'un triangle comparé à une « aile » (éthymologie grecque du terme ptérygion).
Le tissu constitutif du ptérygion possède des propriétés rétractiles et le « sommet » du ptérygion (la tête) progresse vers le centre de la cornée à sa surface, au fil des années, en « tractant » la « base » conjonctivale du triangle (le corps).
Le ptérygion est-il une maladie peu connue du grand public ? Est-elle récente ? Est-elle en augmentation actuellement ?
Des travaux scientifiques plus récents démontrent le rôle prédominant de l'exposition au soleil précoce dans la vie. Alors que les facteurs de risques liés à des emplois ruraux tendent à devenir plus rares dans notre pays, le mode de vie actuel entraîne une résurgence du ptérygion dans des populations urbaines du fait de la pratique de certaines activités de plein air (nautisme, montagne).

Pourquoi fait-on un ptérygion ?
1) L'exposition excessive au rayonnement solaire est le principal facteur de risque
Le rayonnement ultra-violet (de 2 900 à 3 200 A de longueur d'onde) direct ou réfléchi par l'eau ou la neige est reconnue comme un facteur essentiel de la dégénérescence actinique de la surface oculaire.
La cornée joue le rôle d'un dôme convergent, qui contribue à concentrer les rayons solaires atteignant le visage au niveau du limbe nasal (jonction entre le blanc de l'œil et la cornée du côté du nez) comme le ferait une loupe ce qui explique la localisation préférentielle du ptérygion à cet endroit. Le reste de la circonférence de la cornée est en effet relativement protégé par les reliefs de la face (arrête du nez, rebord du sourcil).

Les sujets exposés sont :
les patients ayant vécu leur enfance et adolescence en milieux ensoleillés (pourtour méditerranéen et Maghreb, Afrique, Océan indien, Asie du sud-est, Antilles),
les professionnels de plein air (agriculteurs, marins, montagnards),
les patients pratiquant des activités de plein air intensive (nautisme, haute montagne).

2) Le ptérygion s'installe et progresse à la faveur d'un trouble chronique de l'étalement du film de larmes protecteur de la surface oculaire
Le film lacrymal joue une fonction protectrice essentielle pour la surface oculaire.
Le clignement des paupières contribue au cours de la vie à amonceler des déchets sous-conjonctivaux, et notamment des graisses (lipides) sous forme d'un dépôt jaunâtre, appelé pinguécula, adjacent à la cornée sur le méridien horizontal à 3h et 9h.
La pinguécula crée un relief gênant l'étalement des larmes lors du clignement.
Il se forme de ce fait en regard de l'aspérité (comme sur un pare-brise de voiture) une tache sèche au niveau de laquelle apparaît progressivement un micro-ulcère chronique.
À la faveur d'une défaillance des cellules souches limbiques impliquées dans la cicatrisation normale de la cornée, le tissu conjonctival participe à la réparation de ce micro-ulcère en dépêchant des contingents de cellules fibroblastiques.
Ce mécanisme est favorisé par une déficience du film de larmes (sécheresse oculaire primitive ou secondaire) et une carence en vitamine A dans les pays défavorisés.

Dernière mise à jour le : 18/03/2010