LE TRAUMATISME OCULAIRE
Les accidents sont une cause fréquente de détérioration de la fonction visuelle.
Aux États-Unis, par exemple, plus de 900 000 personnes ont un déficit visuel secondaire à un traumatisme et 75 % de ces patients sont aveugles d'un œil. Avec l'intérêt de plus en plus marqué pour les loisirs, le nombre de lésions oculaires liées à une pratique sportive a augmenté de 58 % depuis 1973 aux États-Unis et en Europe. Même si les activités sportives ne représentent que 2,3 % des causes totales d'accidents oculaires, les traumatismes qui y sont liés ont cependant nécessité une hospitalisation dans 42 % des cas par ailleurs, 68 % de saignement en chambre antérieure (hyphéma), 67 % des lésions du pôle postérieur et 10 % des éclatements du globe oculaire sont associés à la pratique d'un sport ce qui traduit bien la sévérité de ces traumatismes.
Les sports les plus souvent incriminés dépendent beaucoup du nombre de personnes qui les pratiquent.
En effet, aux États-Unis, le basket-ball et le base-ball viennent en tête des sports responsables des traumatismes oculaires alors qu'au Canada ce sont le hockey sur glace et les sports de raquette qui en génèrent le plus.
En France, le Football et le rugby sont des sports les plus pourvoyeurs avec les sports de plongée et d'altitude des traumatismes oculaires Le risque et la gravité des traumatismes dépendent également du sport pratiqué.
En effet, la boxe, le tir à la chasse, le tennis, le squash et le hockey sur glace sont des sports considérés à très haut risque, le basket-ball à haut risque, le badminton, le football et le golf à risque moyen. L'éclatement du globe oculaire, nécessitant jusqu'à une énucléation, est constaté surtout lors de la pratique du golf, du tir et du hockey sur glace.
Différents mécanismes de traumatismes sont observés selon le sport pratiqué : les traumatismes par objets projetés, les traumatismes par exposition, les barotraumatismes et la rétinopathie d'altitude. Le globe oculaire est protégé par une structure osseuse qui l'entoure, l'orbite L'impact d'un ballon de football est en partie absorbé par les structures osseuses de l'orbite qui limite le retentissement. Le traumatisme entraîne le plus souvent une atteinte superficielle de la cornée très douloureuse mais rapidement régressive et parfois une contusion postérieure du globe par transmission de l'onde de choc. À l'opposé, les balles de squash ou de golf, le volant de badminton ont un diamètre inférieur à l'orbite et le globe oculaire absorbera directement et pleinement l'impact. Dans cette situation, les atteintes sont plus graves.