Une expertise collective de l'INSERM
Dossier de presse du 26/06/2002
On parle très peu des problèmes de vue chez les jeunes enfants parce qu'ils ne sont pas très apparents dans la population. Pourtant, ces troubles peuvent avoir des conséquences médicales, sociales et économiques non négligeables pour l'avenir des enfants. Qu'ils soient sévères comme le glaucome et la cataracte, ou parfois plus légers comme la myopie et le strabisme, les déficits visuels doivent être surveillés de près car ils risquent de compromettre le développement moteur de l'enfant. Parfois, ils peuvent aussi révéler une maladie oculaire, orbitaire ou cérébrale, plus grave.
Face à cette situation l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), à la demande de la MGEN (Mutuelle Générale de l'Éducation Nationale), a réuni des experts de plusieurs disciplines afin de regrouper et d'analyser toutes les connaissances en matière de déficits visuels des enfants dans les pays occidentaux.
À l'issue de ce travail, ils insistent sur la nécessité de dépister au plus tôt les pathologies visuelles. Certaines peuvent en effet être corrigées en partie ou totalement, à condition de le faire dès les premières années de la vie. Et, même lorsqu'il n'y a pas de thérapie accessible, les anomalies de l'œil doivent être décelées précocement afin d'orienter à temps l'enfant vers des structures éducatives spécialisées qui lui permettront un meilleur développement et apprentissage scolaire.
Dans l’expertise collective, les scientifiques recommandent
La mise en place d'un dépistage systématique des anomalies visuelles à l'échographie de la 20e semaine, à la naissance, au 4e mois, entre 9 et 12 mois, et en 1re année de maternelle, à travers un aménagement des examens médicaux déjà existants. Aujourd'hui la découverte des déficits visuels est souvent fortuite, car ils ne sont pas toujours recherchés de façon approfondie.
L'information et la sensibilisation du public à l'importance d'un dépistage précoce des déficits visuels pour le développement ultérieur de l'enfant, par voie de presse écrite ou audiovisuelle. Pour les experts, les campagnes de prévention des accidents domestiques devraient également mettre plus l'accent sur le fait qu'ils peuvent être à l'origine de déficits visuels sévères.
La formation des professionnels de la santé à l'ophtalmologie pédiatrique Les médecins généralistes et les pédiatres, plus souvent en contact avec les enfants que les ophtalmologistes, devraient être capables de repérer certaines anomalies de l'œil. Les experts préconisent également que les opticiens soient mieux formés aux techniques d'équipement optique des enfants.
L'amélioration de l'accès aux soins grâce à une meilleure prise en charge financière des équipements optiques (lunettes, lentilles de contact,…) par les pouvoirs publics.
Une meilleure application de la loi sur les handicaps concernant l'équipement des lieux publics pour les malvoyants (bandes de vigilance, signaux sonores, panneaux en braille).
Le développement de nouvelles techniques de dépistage utilisables en routine par le pédiatre et le médecin généraliste. Aujourd'hui, même si les outils utilisés sont assez simples, seul un professionnel expérimenté peut voir certains signes très discrets de déficit visuel chez un enfant qui ne parle pas encore.