Conjonctives immunologiques non infectieuses

1. LES ASPECTS CLINIQUES
L'hyperhémie conjonctivale est le signe physique le plus fréquent de la réponse immune conjonctivale. Elle peut s'associer à des sécrétions, un chémosis, et un pseudoptosis.
Les papilles, amas de cellules inflammatoires non spécifiques, prédominent sur la conjonctive prétarsale supérieure. En fonction de leur taille, on distingue les micropapilles, les papilles et les macropapilles. Elles sont centrées par un bouquet microvasculaire.
Les follicules sont des collections de lymphocytes à différents stades de maturation et apparaissent comme des élévations hémisphériques translucides et avasculaires, nettement plus larges que les papilles.
Les micropapilles et quelques follicules peuvent être visibles sur une conjonctive indemne de toute pathologie.
Phlyctènes, membranes et pseudo-membranes sont aussi des signes d'inflammation conjonctivale.
La fibrose conjonctivale est une complication des conjonctivites immunologiques aiguës comme chroniques. Elle s'objective sous la forme d'un comblement des culs-de-sac, de symblépharons puis d'un ankyloblépharon aux stades ultimes. Elle peut entraîner un syndrome sec oculaire et un entropion-trichiasis.
Les complications cornéennes sont très variées: néovascularisation cornéenne, opacités, kératite ponctuée superficielle, érosions, ulcération et parfois perforation.

2. LES EXPLORATIONS IMMUNOPATHOLOGIQUES
En dehors du bilan complémentaire général et immunologique classique orienté par la clinique, l'examen immunopathologique de la conjonctive tient une place importante.

2-1- Place de la biopsie conjonctivale
Elle est indiquée lorsque le diagnostic est douteux et que de celui-ci dépend l'attitude thérapeutique. L'analyse histologique et/ou immunopathologique peut ainsi éliminer un processus tumoral comme un lymphome conjonctival de type CALT (Conjunctival Associated Lymphoid Tumor), faire le diagnostic d'une granulomatose, ou mettre en évidence une conjonctivite auto-immune ou une vascularite. Certaines conjonctivites auto-immunes telle la pemphgoïde oculaire cicatricielle relevant d'une chimiothérapie systémique, le maximum doit être mis en œuvre pour en affirmer le diagnostic. La biosie conjonctivale ne s'impose pas dans les allergies oculaires sauf lorsqu'on hésite entre kérato-conjonctivite atopique, kérato-conjonctivite de la rosacée et conjonctivite auto-immune devant une fibrose inflammatoire progressive.

2-2- Les techniques d'immunomarquage
Immunofluorescence directe
C'est la technique d'immuno-marquage la plus répandue et facile à réaliser. Elle permet surtout de mettre en évidence les anticorps fixés sur les tissus grâce à des anti-anticorps marqués avec la fluorescéine le plus souvent. Si la fluorescence intéresse la paroi des vaisseaux, une vascularite ou une périvascularite pourra être suspectée. Si elle marque la membrane basale ou les espaces intercellulaires de l'épithélium, le diagnostic de conjonctivite auto-immunes sera posé.
Technique à l'immunoperoxydase
La fluorescéine est remplacée par l'immunoperoxydase. Cette technique appartient plutôt au domaine de la recherche et permet en particulier d'analyser les sous-poupulations cellulaires inflammatoires grâce à l'étude de leurs marqueurs.
Immunomicroscopie électronique directe
Cette technique sophistiquée appartient plutôt au domaine de la recherche. Elle permet essentiellement de localiser ultra structurellement les dépôts immuns sur la membrane basale épithéliale et constitue ainsi un test diagnostic très sensible des conjonctivites auto-immunes.
Les techniques de recherche d'auto-anticorps circulants
La technique habituelle est l'immunofluorescence indirecte qui consiste à incuber le sang du patient avec des substrats tissulaires, en l'occurrence, en pathologie conjonctivale auto-immune, la conjonctive si c'est possible ou à défaut une autre muqueuse ou la peau. S'il existe des anticorps circulants, ils sont révélés par la fluorescéine au niveau des sites antigéniques du tissu cible. L'immunoblot (western blot, ou immunotransfert) et l'immunoprécipitation sont des examens qui permettent quant à eux de caractériser les antigènes cibles par leur poids moléculaire.
 

Dernière mise à jour le : 18/03/2010